Comment atteindre le plein emploi?
"Je propose que l’Etat se donne les moyens de mettre en œuvre une politique du plein emploi. Ce que d'autres pays ont fait je suis convaincu que nous pouvons le réaliser. Notre position géographique, notre vitalité démographique, la richesse de notre patrimoine culturel, une qualité de vie internationalement reconnue, un niveau d'équipement et des services publics que beaucoup dans le monde nous envient, des savoir-faire industriels et technologiques incomparables, des hommes et des femmes qualifiés qui n'ont pas perdu le sens de l'effort, voilà autant de lignes de force que nous devons maintenant privilégier. La France, ce n'est pas seulement le pays des 35 heures, des clandestins, des bus incendiés et du RMI!(...)
C'est tout le sens de la sécurité sociale professionnelle. Qui ne voit que dans le système actuel tout le monde est perdant, les entreprises qui ne disposent pas de la souplesse nécessaire pour s'adapter aux fluctuations de l'activité, les salariés dont la protection n'existe qu'en apparence et qui ne se sont jamais sentis dans une telle situation d'insécurité. Cette sécurité sociale professionnelle est un système gagnant-gagnant qui repose sur trois piliers indissociables. Premier pilier : la création d’un contrat de travail unique, procurant aux salariés des droits se renforçant avec le temps, offrant aux employeurs davantage de souplesse et de visibilité quant aux conditions de la rupture du contrat. Deuxième pilier : des services de l'emploi rendus plus performants par une réforme profonde de leur organisation et de leurs modes d'intervention. Il nous faut regrouper l'ANPE et l'UNEDIC, en instaurant une véritable logique de résultats.
Troisième pilier : des droits à formation tout au long de la vie sensiblement étoffés, à travers la création d'un compte épargne formation individuel.
Ma conception de la sécurité sociale professionnelle, c'est aussi une plus grande exigence dans la préservation de l'équilibre entre les droits et les devoirs. Toute personne au chômage qui satisfera à l'obligation dûment vérifiée d'une recherche active d'un emploi verra ses droits à indemnisation préservés. Je propose que pour les bas salaires, ces droits ne puissent être inférieurs à leurs salaires antérieurs. Mais en cas de manquement à cette obligation, par exemple en cas de refus d'un emploi correspondant aux qualifications de la personne ces droits devront être réduits. En cas derefus répétés, ils devront être supprimés. Il est temps de parler vrai. La solidarité c'est pour aider ceux qui veulent s'en sortir, pas pour protéger ceux qui ne font rien.
Quant aux entreprises, je réclame la modulation du taux de l'I.S. (ndlr: impot sur les societes) de sorte que celles qui créent de l'emploi et investissent soient avantagées.
Enfin, si nous voulons aider nos concitoyens à mieux vivre les changements professionnels, il faut arrêter de compliquer la mobilité. Comment se déplacer pour prendre un nouvel emploi, quand les droits de mutation grèvent tout achat ou toute vente de logement ? Je propose que ces droits de mutation soient supprimés dès lors que la mobilité est liée à une contrainte professionnelle.
Je propose que l’Etat se donne les moyens d’intervenir plus rapidement dans les bassins d’emplois en difficulté en créant une agence de réindustrialisation en mesure d’investir, dans des activités nouvelles, avec des moyens financiers et humains importants. Je souhaite que tous les territoires sans exception puissent profiter des meilleures compétences pour reclasser les salariés touchés et recréer de l'activité. (...)
Il faut dire la vérité aux Français : sauf à fermer les frontières et à se condamner au déclin, il n’y a aucun moyen d’interdire les délocalisations. Mais nous devons tout faire pour mieux les prévenir. Personne ne doit être laissé au bord du chemin. Nous devons garantir à chaque salarié et à chaque territoire qu'en cas d'accident, la collectivité nationale sera au rendez-vous et prendra toutes les dispositions non seulement pour atténuer le drame social mais pour donner une chance d'un nouveau développement économique.
Les entreprises resteront si elles y trouvent une forte incitation à investir et à embaucher, un réseau de sous-traitance, de services, d’institutions, d’infrastructures assez dense pour les ancrer dans le territoire, une politique ambitieuse d'innovation, un système d'enseignement supérieur performant. Par dessus tout, un pays qui accueille ceux qui veulent créer de la richesse. Une société qui voit dans le patrimoine une possibilité de développer des emplois, pas une cause de jalousie. Une collectivité qui se réjouit de la réussite de ses membres.
La France armée pour la mondialisation, ce ne sont pas des services publics régulièrement paralysés par des grèves aux motivations de plus en plus aléatoires. Il est temps d'instaurer un vrai service minimum garanti par la loi et d'application effective. Il est temps de prévoir l'obligation systématique d'un vote à bulletin secret après le 8ème jour d'une grève ininterrompue.
La France armée pour la mondialisation et le changement, ce n'est pas non plus un dialogue social bloqué et caricatural, figé dans un jeu de rôle permanent entre d'un côté des pouvoirs publics qui consultent pour la forme, de l'autre, des syndicats qui refusent souvent d'endosser les réformes qu'ils réclament toutefois de pouvoir négocier. Il est temps de moderniser le dialogue social. En refondant la représentativité des syndicats sur des critères démocratiques incontestables, c'est-à-dire sur les élections professionnelles. En ouvrant la liberté de présentation des candidatures dès le premier tour. En faisant de la négociation entre les partenaires sociaux le préalable obligatoire de toute intervention du législateur sur les questions touchant au droit du travail, aux relations sociales, à la formation professionnelle et aux retraites."
Etraits du discours de Nicolas Sarkozy sur « La France dans la mondialisation » à St Etienne. 9/11/2006
http://www.u-m-p.org/site/GrandDiscoursAffiche.php?IdGrandDiscours=269
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