Comment atteindre le plein emploi?
"Près des deux tiers de notre activité économique ne sont pas exposés à la mondialisation. Sur toute cette partie de la vie économique, de loin la plus importante, nous avons de réelles réserves d’emplois qu’il ne tient qu’à nous de solliciter : les secteurs en pénurie de main d’œuvre, les emplois de services à la personne, les activités soumises à des législations restrictives, les entreprises qui sont dissuadées d’embaucher en raison des complexités du droit du travail, enfin et surtout les emplois qui seraient créés si davantage de personnes travaillaient et si celles qui travaillent travaillaient plus longtemps.
C’est un point fondamental sur lequel nous devons insister.
S’il y a du chômage en France, ce n’est pas parce que trop de personnes cherchent à se faire une place sur le marché de l’emploi, mais c’est au contraire parce qu’il n’y en a pas assez. Les pays qui ont le taux d’activité de la population le plus élevé sont aussi ceux qui ont le taux de chômage le plus faible.
Car le travail des uns créé le travail des autres.
A l’opposé de toutes les politiques menées depuis 1980, il faut donc commencer par encourager l’activité : l’activité des seniors, en supprimant la contribution Delalande, la dispense de recherche d’emploi, les interdictions de cumul emploi-retraite ; encourager l’activité des jeunes, des femmes, des titulaires de minima sociaux également. Cela suppose de créer une différence beaucoup plus grande entre les revenus tirés de l’assistance et les revenus tirés du travail, en supprimant tous les effets de seuil, en augmentant la prime pour l’emploi et en personnalisant son attribution. Aucun titulaire de minimum social ne devrait rester sans exercer une activité susceptible de l’amener progressivement à reprendre un emploi marchand.
Dans le même esprit, il faut encourager ceux qui veulent travailler plus à le faire, notamment en réduisant les charges sociales sur les heures supplémentaires. Et il faut permettre aux fonctionnaires qui le souhaitent de s’affranchir de la règle des 35 heures pour faire des heures supplémentaires. Personne ne peut s’opposer à deux idées aussi simples, qui donneraient du pouvoir d’achat et faciliterait la vie des usagers.
Parallèlement, il faut naturellement s’attaquer à la question du chômage.
Rien n’est plus faux que de dire que « contre le chômage, on a tout essayé ». La vérité, c’est qu’on a tout essayé, sauf ce qui marche.
Le service public de l’emploi doit devenir beaucoup plus réactif, efficace, exigeant. Comment peut-on accepter que le premier entretien à l’ANPE intervienne au bout de six mois de chômage ? La fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC est une nécessité. Ne laissons pas les techniciens nous en dissuader pour des raisons statutaires.
Renforçons les devoirs qui pèsent sur les chômeurs. La France ne peut pas être le seul pays à avoir un degré aussi élevé de protection sociale, et aussi peu d’obligations qui pèsent sur leurs bénéficiaires.
Enfin, modernisons le droit du travail pour que celui-ci cesse de décourager les créations d’emplois. C’est un point très sensible pour nos concitoyens. Combien ai-je entendu de conseillers m’expliquer que le sujet était périlleux ! Eh bien, je ne renoncerai pas. Je ferai autant de pédagogie qu’il le faudra, mais je ne me satisferai pas de cette situation absurde où jamais les salariés ne se sont sentis aussi fragilisés et les entreprises aussi étouffées sous le poids des contraintes.
Cessons de penser que les salariés et les entreprises forment deux camps opposés. Leurs intérêts ne sont pas contradictoires. Inventons un nouveau droit du travail plus simple, qui privilégie le contrat de travail à durée indéterminée – pourquoi plusieurs types de contrat ? – , qui encourage l’embauche dans les entreprises qui se développent et ne complique pas la situation de celles qui sont en difficulté. Mettons le service public de l’emploi en état d’aider les personnes au chômage à retrouver rapidement un emploi. Et améliorons le régime de l’indemnisation pour éviter que le chômage ne se double d’un traumatisme social.
Au nombre des recettes qu’il faut réinventer, je souhaite que l’UMP ne craigne pas d’évoquer la question du dialogue social. Dans tous les discours, dans tous les débats, on entend dire : « Telle idée serait très intéressante. Mais en France, en raison de la faiblesse du dialogue social, ce n’est pas possible ». Eh bien alors, changeons le dialogue social ! Reconnaissons que nos syndicats sont trop petits, trop émiettés, que le taux de syndicalisation est trop faible, et tirons en les conséquences, en commençant par donner la liberté de présentation aux élections syndicales dès le premier tour.
En dix ans, nous pouvons ramener le taux de chômage à moins de 5% de la population, c’est-à-dire revenir au plein-emploi. D’autres pays européens l’ont fait, y compris des pays qui sont dans la zone euro. Il n’y aucune raison que nous n’y parvenions pas.
C’est en outre la seule réponse durable et structurelle au problème du pouvoir d’achat. Si les salaires sont si bas, c’est parce que le chômage est élevé et met les salariés en situation de faiblesse pour négocier leur rémunération."
Extraits du discours de Nicolas Sarkozy lors de la convention de l’UMP sur l’économie. 7/09/2005
http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/convention_de_l_ump_sur_l_economie_le_7_septembre_2005
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