Les éditos de Démocratie en ligne
Une autre campagne va commencer
16/03/2007 > 10h58
C'est la fin d'un feuilleton à rebondissements. Ce soir à 18h, les dés seront jetés. Les candidats à la présidentielle n'ont en effet plus que quelques heures pour déposer leurs 500 parrainages d'élus au Conseil constitutionnel. Lundi après-midi, le rideau sera levé. On connaîtra alors les noms des prétendants officiels à l'Elysée. Selon les dernières informations, ils devraient être au maximum douze à pouvoir participer au sprint final. D'ores et déjà, une certitude: le record de candidatures de 2002 ne sera pas dépassé.
Dix candidats assurent avoir déposés les paraphes nécessaires. François Bayrou, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Gérard Schivardi, Philippe de Villiers et Dominique Voynet sont donc certains de s'affronter. Une liste à laquelle il faut ajouter, sous réserve, le nom de Frédéric Nihous. Le candidat de Chasse pêche nature et traditions devrait atteindre le Graal. Mais s'il parvient à rassembler le nombre suffisant de signatures, ce sera in extremis.
Pas de grandes surprises parmi les candidats certains d'être en lice. Seuls deux d'entre eux sont peu connus -pour ne pas dire inconnus- du grand public. C'est le cas de Gérard Schivardi, le prétendant soutenu par le Parti des travailleurs. Candidat auto-proclamé des maires, il défendra les services publics de proximité et affichera sa volonté de rompre avec le Pacte de stabilité de Maastricht. Et puis le second serait Frédéric Nihous, vraisemblablement le dernier qualifié. Il défendrait la France rurale à l'instar de Jean Saint Josse, son prédécesseur il y a cinq ans. Ces candidatures diverses témoignent d'un pluralisme politique préservé. Les citoyens auront ainsi la possibilité de faire des choix clairement différenciés. N'étant pas parvenue à un accord sur une candidature unique, c'est la gauche anti-libérale qui compte le plus grand nombre de candidats pour défendre ses couleurs.
Quelques grands absents sont evisageables. Le plus emblématique de tous reste José Bové. Sa candidature paraît compromise tout comme celles de Nicolas Dupont-Aignan et de Rachid Nekkaz. Le candidat altermondialiste est à cette heure, pourtant critique, dans « l'incertitude la plus totale », ce qui laisse augurer son éviction de la course. Dans ce cas de figure, mettra-t-il à exécution ses menaces à l'égard du Parti socialiste qu'il juge responsable de ses difficultés actuelles? Ce serait en tout cas la seule façon pour lui de se faire entendre dans la campagne électorale. Mercredi, il a en effet menacé de ne pas donner de consignes de vote en faveur de Ségolène Royal si celle-ci parvient au second tour.
Comme à chaque élection depuis 1974, le dispositif des 500 parrainages a été remis en cause par les « petits candidats ». Mais plus fortement encore. Et pour cause. Le dispositif a joué davantage son rôle de filtre cette année. Car l'onde de « choc » du 21 avril 2002 est encore perceptible. Les 16 candidats présents avaient il est vrai contribué à l'éparpillement des voix et par conséquent conduit à l'élimination de Lionel Jospin. Une élimination surprise qui avait permis à Jean-Marie Le Pen d'atteindre le second tour. Dans les semaines à venir, c'est un autre moment fort de la vie politique française qui va se jouer. Avec le départ de Jacques Chirac, le scénario de 2002 est désormais écarté. Pour autant, nous ne sommes pas à l'abri de surprises de taille.
Jordan Lolo-Paolini
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