Les éditos de Démocratie en ligne
Campagne sous haute tension
04/04/2007 > 11h38
A ma droite, le 18 rue d'Enghien et à ma gauche, le 282 Boulevard Saint Germain à Paris. D'un côté, le QG de campagne de Nicolas Sarkozy situé rive droite, et de l'autre le QG bis de Ségolène Royal, rive gauche. Voilà pour les forces en présence. Même si le champs de bataille reste électoral, le combat auquel se livre les deux favoris n'en reste pas moins violent. Dans cette campagne haletante, les attaques personnelles prennent ainsi le pas sur la confrontation « projet contre projet » annoncée. Dans cette dernière ligne droite avant le premier tour, tout laisse à croire que ce n'est que le début. Comme si les champions des sondages voulaient en découdre sans même attendre que les Français se soient prononcés sur leur sort. C'est aussi une façon atypique de souligner avec force la persistance du clivage gauche-droite qu'un challenger juge dépassé.
Le temps où la candidate socialiste empêchait ses partisans de huer ses adversaires durant ses meetings paraît bien loin. A l'UMP et au PS, on se livre à une passe d'armes par médias interposés. Hier, sur le plateau du Grand Journal de Canal+, cette confrontation a atteint son paroxysme. Voici comment Ségolène Royal est devenue la figure de proue incontestée du courant « Tout sauf Sarkozy ». Florilège de ses déclarations: « (ndlr: Nicolas Sarkozy est un) menteur »; « (ndlr: il) perd son sang froid »; « (ndlr: c'est)un homme prêt à tout »; et de s'interroger « Est-il apte à devenir président de la République? » (sic). Il faut dire qu’en face, on ne mâche pas ses mots. Sarkozy n’a-t-il pas dénoncé dimanche « l’hystérie qui marque une faillite morale (de la gauche)? ». Rien que cela.
Une guerre des mots peu glorieuse pour les deux candidats qui arrivent en tête des intentions de vote. D'autant plus que ceux qui se crêpent le chignon aujourd'hui étaient les premiers à appeler de leurs voeux à une campagne sans attaque personnelle. C'était il y a quelques semaines, autant dire une éternité. Pas encore élu et déjà une promesse non tenue. Une stratégie aventureuse de leur part. Car il reste toujours cette inconnue de taille: A qui profitera au final cette escalade? Pour connaître le grand vainqueur, il nous faudra attendre patiemment le soir du 6 mai prochain. Cette année aussi nous ne sommes pas à l’abri d’une (belle?) surprise!
Jordan Lolo-Paolini
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