Comment adapter l'enseignement du primaire et du secondaire a un environnement plus complexe?
« Je ne suis pas de ceux qui dépeignent l’éducation nationale comme un mammouth ! Pour moi, elle est un corps vivant. J’ajoute que si l’on excepte la singularité de l’école maternelle, dont nous devons être fiers, nous avons à peu près (un peu plus dans le secondaire, un peu moins dans le supérieur) le même nombre d’enseignants que tous les pays du monde développé, parce qu’il n’est guère de secret et que la dimension des classes et des amphis est à peu près partout la même. On étonnerait d’ailleurs beaucoup les grandes entreprises privées en leur demandant de comparer leurs services centraux avec ceux de l’éducation nationale.
Mais ce grand corps vivant ne peut pas se piloter par oukases ! Ce grand corps vivant a besoin d’autonomie à tous les niveaux. Il a besoin de gestion des ressources humaines. Il a besoin de repérer les vocations et de les laisser s’épanouir. Il a besoin de simplifier les conseils de ses universités, pour qu’on y voit clair et que tout le monde participe.
Il a besoin de partenariat, de co-responsabilité. Plus qu’ailleurs, il est besoin de concertation transparente. À l’extérieur, en direction des collectivités locales par exemple, puisque la grande misère des universités va devoir trouver réponse. Et à l’intérieur avec l’ensemble de la représentation des femmes et des hommes qui font vivre l’éducation nationale.
(...)La réforme ne peut se faire qu’avec le terrain, et elle impose une contrainte, elle ne peut pas être la victoire des uns sur les autres. Après tout l’immense révolution agricole a été assumée avec les syndicats agricoles, la révolution de l’éducation devra aussi être un objet de partenariat.
Et enfin, il est besoin de vision, de long terme, de programmation ! Nous ne pouvons pas continuer, les étudiants candidats au Capes ou à l’agrégation ont bien raison de le dire à jouer aux dés ou à l’accordéon les recrutements de nos enseignants. C’est détestable, c’est inhumain et c’est dangereux. Je suis partisan d’une loi de programmation des recrutements dans l’éducation nationale, une loi sur dix ans, à laquelle on se tiendrait et qui permettrait de penser l’avenir au lieu de subir des à coups qui compromettront sa construction.
Je suis partisan de la fixation de grands objectifs pour la nation, discutés et s’il le faut votés de manière transpartisane. »
Extrait d'un discours de François Bayrou prononcé lors d'un colloque sur l'Education, l'enseignement supérieur et la Recherche. 11/03/2006.
http://www.bayrou.fr/discours/bayrou-education-110306.html
Dernières pages disponibles sur ce theme.