Comment adapter l'enseignement du primaire et du secondaire a un environnement plus complexe?
"Il faut avoir le courage de débattre sans tabou d'un certain nombre de problèmes mais qu'ensuite pour faire des réformes, il faut faire adhérer toutes les dynamiques positives pour que ces réformes se réalisent et moi je ne suis pas une responsable politique qui dresse les gens les uns contre les autres, au contraire. (...) Ce sera pendant la campagne des élections présidentielles que ce pacte avec les enseignants sera noué, c'est-à-dire que je vais regarder avec eux quels sont les principaux problèmes auxquels ils sont confrontés car ce sont les premiers malheureux lorsque les élèves échouent, lorsque le problème de la transmission du savoir rencontre un certain nombre de difficultés et d'obstacles, ce sont les enseignants qui les premiers en souffrent. Et moi je veux être à leurs côtés, je veux les épauler et leur dire de toute façon que si la gauche arrive aux responsabilités, non seulement l'éducation sera au premier rang des priorités de la campagne présidentielle, mais en plus que nous remettrons les moyens qui ont été retirés par la droite et je voudrais m'adresser en particulier aux jeunes par ce qu'on les connaît les jeunes qui sont aujourd'hui en train de passer les examens du CAPES et pour lesquels les postes ont été divisés par quatre alors que les jeunes sont entrés il y a trois ou quatre ans à l'université sur la base d'une grande opération publicitaire faite par la droite leur disant : entrez dans le métier d'enseignant, vous aurez des postes. Et en cours d'études, ils se sont vu réduire ce nombre de postes de débouché par quatre et ça, je remettrai à niveau le nombre d'emplois de débouché pour les jeunes qui ont actuellement choisi ce métier d'enseignant et qui sont actuellement confrontés à des impasses.
(...)
L'Education nationale peut se réformer. Et pour cela, il faut mettre tout le monde d'accord, c'est-à-dire créer des synergies qui vont dans la même direction, et cesser d'opposer les uns aux autres. Cesser d'opposer les parents aux enseignants, les enseignants à la direction des établissements, etc, et moi je crois que c'est possible. C'est-à-dire que si la nation - et c'est mon intention - remet au premier plan de nos priorités l'éducation, encore l'éducation, toujours l'éducation, en donnant les moyens là où c'est nécessaire, en mettant aussi en place une gestion humaine des enseignants, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, c'est-à-dire qu'un enseignant qui est en détresse ou qui est en difficulté n'est pas accompagné, il y a aussi les évolutions de carrière, il y a aussi la possibilité qui pourrait être donnée aux enseignants à un moment d'aller exercer un autre métier dans la Fonction publique, c'est-à-dire de respirer en dehors de son métier d'origine, puis de revenir dans l'Education, c'est-à-dire toutes ces idées qui sont demandées aussi depuis des années, je crois qu'il faudra les mettre en place. Et je pense que la révolution principale, c'est de faire dans l'école publique le soutien individuel gratuit pour les familles, aux élèves lorsqu'ils en ont besoin, c'est-à-dire ce coup de pouce qui permet de raccrocher les élèves lorsqu'ils décrochent. Que les familles riches ont la possibilité de faire en faisant payer à leurs enfants du soutien individualisé extérieur, moi je veux que ce soit possible pour tous les enfants, gratuitement pour les familles, et pour ceux qui le font, que ce soient des enseignants, des aides éducateurs, des étudiants, bien sûr qu'ils soient rémunérés pour ce travail."
Extraits de l'interview de Ségolène Royal dans le Grand Jury RTL-LCI. 12/11/06
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=interventions&id=410
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